Mes photos sont floues, que ce que je peux faire ?

Causes et parades du flou en photo

Alors là, c’est le grand problème qu’on rencontre tous en commençant la photo 🙂
D’autant plus qu’une photo qui n’est pas nette, quoique vous y fassiez, c’est une photo ratée.
A moins d’avoir voulu ce flou, évidemment, mais ce n’est en général pas le cas au début. Et n’essayez pas de faire semblant que vous avez voulu le flou si ce n’était pas le cas, ça se voit !

J’ai une mauvaise nouvelle : il y a plusieurs causes au flou, qu’il est facile de comprendre, mais qui nécessitent quelques connaissances théoriques basiques pour trouver la parade. Mais on va y aller en douceur, rassurez-vous, ça va bien se passer 😉

Une mauvaise mise au point

C’est tout bête, si vous n’avez pas mis au point l’image au bon endroit, elle a toutes les chances d’être floue. En mise au point manuelle, il s’agit simplement que vous voyiez un peu mal dans le viseur si c’est bien net, et paf, vous êtes dedans. Mais je suis sûr que vous utilisez la plupart du temps l’autofocus (mise au point automatique).

Pour faire la mise au point automatique, votre appareil utilise ce qu’on appelle des collimateurs de mise au point. Ce sont les petits points noirs que vous voyez dans le viseur. Quand la mise au point est faite, le(s) collimateur(s) qui ont effectué la mise au point clignotent, et un petit bip est émis (sauf si vous avez eu la bonne idée de le désactiver :D).

Voici à peu près à quoi ressemble votre viseur, chaque point étant un collimateur (ici 9 collimateurs).

La mise au point ne s’effectue pas forcément sur tous les collimateurs. En effet, tous les objets que vous regardez à travers le viseur ne sont pas à la même distance, et l’appareil ne peut donc pas faire la mise au point sur tous ces objets en même temps. Imaginez un peu que vous essayiez de voir à la fois un crayon placé juste devant vos yeux et votre porte d’entrée située à 5 mètres de distance : vous n’y arriveriez pas !

Par défaut, votre appareil utilise tous les collimateurs à sa disposition, et décide le(s)quel(s) il va utiliser, tout seul comme un grand. Parfois il a raison, parfois non.
S’il ne « veut » pas faire la mise au point où vous le souhaitez, vous pouvez sélectionner manuellement un collimateur pour forcer l’appareil à faire la mise au point avec celui-ci et pas un autre. Je vous renvoie au manuel de votre appareil pour trouver le bouton associé, mais il est en général facilement accessible.
Il reste une dernière possibilité : votre sujet ou vous-même avez bougé entre le moment où vous avez fait la mise au point et le moment où vous avez déclenché.
Donc veillez à ne pas laisser trop de temps entre les deux. Pour aller plus loin, je vous conseille fortement mon article sur les secrets de l’autofocus !

Vous avez bougé

Si, je vous ai vu ! 😀 Et oui, si vous bougez trop pendant que l’appareil prend la photo, il se pourrait qu’il n’ait pas le temps de figer l’image.
Et oui, votre appareil ne prend pas la photo instantanément, il met un certain temps à le faire. Ça peut-être très court (jusqu’à 1/8000ème de seconde !), mais aussi plus long, selon vos réglages et les conditions de luminosité. Ceci s’appelle la vitesse d’obturation : je ne rentrerai pas plus dans les détails car j’ai déjà rédigé un article sur la vitesse d’obturation sur le blog, que je vous encourage très vivement à consulter ! 😉
Outre le contrôle de cette vitesse d’obturation que je vous laissedécouvrir, vous pouvez essayer de moins bouger :

– Utilisez un trépied, c’est radical ! Pour aller plus loin, vous pouvez utiliser une télécommande et l’option verrouillage du miroir de votre boîtier.
– Calez vous contre un support (un mur, un arbre, …) afin d’être plus stable.
– Tenez vous fermement sur vos deux jambes, bien en équilibre.
– Reposez vos bras contre votre poitrine.
– Tenez fermement et correctement votre appareil, la main droite sur la poignée et la main gauche sous l’objectif.
– Retenez votre respiration au moment où vous déclenchez.
Si vous préférez voir ça plus concrètement, regardez ma vidéo sur le sujet : c’est très court, et en plus c’est drôle. (en tout cas, j’ai essayé 😉 )

Voilà comment on tient un appareil, et pas autrement !

Votre sujet a bougé

Et oui, vous pouvez très bien être très stable, mais photographier un sujet qui bouge. Et si vous ne pouvez pas lui demander de s’arrêter un peu de gigoter (si c’est un condor par exemple), il va falloir augmenter votre vitesse d’obturation. Et si vous ne savez toujours pas ce que c’est, c’est que vous n’avez toujours pas lu l’article que je vous recommande plus haut ! 😉

Un exemple typique de flou créé par le sujet : ici, les coureurs bougent trop vite et sont flous (l’effet était volontaire en l’occurrence). Dark Vador, lui, ne court pas (ce fainéant) : il est donc bien net. (Photo prise à une vitesse de 1/60s)

Le flou de profondeur de champ, ou « Flou artistique »

En général, celui-là on le recherche plutôt qu’on ne l’évite, mais il convient d’en parler un peu pour ceux qui ne le connaissent pas.
Pour faire simple, selon la distance à laquelle les différents éléments de l’image se trouvent, ils ne seront pas tous nets, en particulier dans certaines conditions. Bref, seule une certaine zone de l’image est nette. On appelle la profondeur de cette zone la profondeur de champ. Tout objet situé hors de cette zone de netteté sera flou (ça paraît logique).
La profondeur de champ est une notion relativement simple à comprendre, mais qui nécessite un peu de temps et surtout de pratique pour la maîtriser. Pour ce qui est de la comprendre, je vous renvoie à deux articles que j’ai écris sur le sujet, à lire dans l’ordre de préférence : celui sur l’ouverture, et celui sur la profondeur de champ et le flou d’arrière-plan (ou bokeh).
Je vous laisse comprendre, apprendre et pratiquer cette notion très importante si vous voulez vous faire plaisir en photographie et être créatifs !

En résumé

Vos photos peuvent être floues pour plusieurs raisons :

  • La mise au point est foireuse, et si c’est la faute de votre appareil, reprenez la main !
  • Vous bougez trop : stabilisezvous !
  • Votre sujet bouge trop : apprenez à maîtriser la vitesse d’obturation pour figer le mouvement !
  • Des éléments sont hors de la zone de netteté : apprenez à maîtriser la profondeur de champ pour mettre cet effet à votre profit !

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